1er atelier : pour vous, l’égalité, c’est quoi ?
Les participants :
Deux adultes et un enfant de 5 ans ont participé à cette 1re édition, dans le cadre magnifique du domaine de Chamarande en Essonne.

Qu’est-ce qu’ils ont dit ?
L’égalité, pour ces participants, ce n’est pas l’uniformité, le fait d’être identique (nous sommes tous uniques), mais le fait d’avoir les mêmes droits, d’être traité de la même façon.
Par exemple, c’est respecter l’agent d’entretien de la même façon que son patron.
« C’est super si tout le monde peut jouer aux mêmes jeux, les grands et les petits ensemble. » (Sasha, 5 ans)
« L’égalité c’est quand chaque personne est libre de mener sa vie comme elle l’entend, de faire ses propres choix sans être jugée ni insultée. » (citation issue de Questions d’ados, édition 2024.)
Égalité et point de vue
Nous avons commenté l’image ci-dessous :

Point de vue n°1 : l’égalité, c’est donner le même nombre de caisse à tout le monde. Résultat : le plus petit ne peut toujours pas voir le match.
Point de vue n°2 : l’égalité, c’est donner la possibilité à chacun de voir le match. Donc, si on considère l’égalité de ce point de vue là, les images « équité » et « inclusion » peuvent aussi être des situations d’égalité.
Donc pour avoir plus d’égalité effective, nous devons prioriser le résultat final.
En effet, quand on donne la même chose à tout le monde, certains recevront quelque chose dont ils n’ont pas besoin. A l’inverse, d’autres n’en auront pas assez !
Les freins à l’égalité
Les préjugés, les généralisations
Les préjugés, les généralisations… C’est quand on dit que tous les gens d’une catégorie particulière sont… comme si ou comme ça (généralement c’est un adjectif négatif). Cela sert à dévaloriser tout un groupe et donc, par extension, à justifier les différences de traitement à leur encontre, voire les violences.
« Ça dérange quand on est différent. »
« Pourquoi ? »
« Les gens qui font partie d’un groupe majoritaire, ça les rassure d’être dans un modèle unique. Aussi, on fantasme sur ce qu’on ne connaît pas, on se fait des idées fausses, donc ça fait peur.
C’est comme s’ils se sentaient attaqués, déclassés quand on étend les droits à des ‘minorités’ alors qu’en fait, aucun droit ne leur est retiré quand on en donne aux autres. »
Certaines pratiques religieuses
Les grandes religions monothéistes condamnent l’homosexualité. Elles établissent aussi clairement une distinction fondamentale entre les hommes et les femmes, de leurs droits et devoirs, et une domination de l’homme sur la femme.
Pour rappel, environ 1,7% des êtres humains sont « intersexe » c’est-à-dire qu’ils possèdent des attributs qui ne sont ni totalement masculins, ni totalement féminins. Voir, entre autre, l’article Wikipedia.
On peut donc considérer qu’il y a incompatibilité entre une pratique religieuse rigoureuse, et l’égalité. Or, comme l’a montré le défunt pape François, on peut être contre l’homosexualité de par ses croyances, mais pour laisser les autres libres de vivre leur vie comme ils l’entendent, et donc ne pas juger ou condamner.
L’égalité totale est-elle possible, voire souhaitable ?
L’égalité permet à chacun·e d’accéder à l’ensemble des opportunités qu’une société peut offrir, de se sentir accepté·e, bien dans sa tête, et donc d’y contribuer et de la faire avancer.
Par exemple, si les femmes étaient payées autant que les hommes pour le même travail :
- elles se sentiraient reconnues et valorisées, donc souffriraient sans doute moins de dépression (« La dépression est 50 % plus courante chez la femme que chez l’homme. » Source : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/depression), donc contribueraient plus à la société,
- elles auraient davantage de pouvoir d’achat et consommeraient plus – et/ou mieux. Elles contribueraient donc davantage à l’économie.
En revanche, quand on parle d’égalité totale, on peut vite être confronté aux questions de justice (dans le sens « c’est juste » ou « ce n’est pas juste »).
Par exemple, imaginons une usine où tous les ouvrier·es sont rémunéré·es à égalité. Très bien ! Mais si Vénus produit deux fois plus que Jupiter, alors le fait de toucher le même salaire n’est pas juste (et Vénus peut se dire « si c’est comme ça, je lève le pied » – faisant ainsi baisser la productivité de toute l’usine).
Donc revoilà la question du point de vue mentionné plus haut : dans cet exemple précis, ne vaut-il pas mieux chercher à atteindre l’égalité de traitement (dans le sens « tu produis plus donc tu es payé plus ») que l’égalité des salaires ?
Cependant cela amène d’autres questions : que faire si la contribution au groupe n’est pas facilement quantifiable, n’est pas de l’ordre de « la production » justement ?
Bref. Il était l’heure du goûter !

